Massacre à Punta Arenas

Chiens découverts à l'aube dans les  rues de Punta Arenas. Source: Twitter

Chiens découverts à l’aube dans les rues de Punta Arenas. (Twitter)

Alors qu’hier j’écrivais mon billet sur les chiens errants de Santiago, j’étais loin de m’imaginer qu’à l’extrême sud du Chili, dans la ville la plus australe du monde, venait de se produire un massacre d’une grande violence.

Lundi matin, les habitants de Punta Arenas ont eu l’horreur de découvrir éparpillés dans les rues de la ville les cadavres d’une quarantaine de chiens, tous tués pendant la nuit. Le massacre survient quelques jours après que Monseigneur Bernardo Bastes, évêque de la cathédrale de Punta Arenas, ait affirmé que, selon la bible, Dieu tolérait le massacre des chiens errants par l’homme, le monde étant fait pour servir ce dernier.

La présence de chiens errants est un problème récurrent en Amérique Latine. A Santiago du Chili, 215 000 chiens se baladeraient librement dans les rues de la ville. Même s’ils sont moins nombreux à Punta Arenas (environ 12 000), ils font bel et bien partie du paysage.

Si la plupart des chiliens se sont habitués à eux, n’y faisait même plus attention, ce n’est pas le cas de tous. Certains voient en eux un danger potentiel, avec la probabilité de se faire mordre ou de contracter des maladies que ces animaux, bien souvent squelettiques, promènent dans leurs poils.

Alors vengeance, dévouement à l’église ou simple acte de barbarie? Une chose est certaine, la nouvelle a provoqué de vives réactions de la part de la population, des associations de défense des droits des animaux, mais également du gouvernement chilien.

Le jour même, des dizaines de manifestants se sont introduit dans la cathédrale de Punta Arenas, interrompant la messe de l’évêque Bastes et causant de sérieux dégâts matériels. Le président chilien Sebastian Piñera  a immédiatement condamné ce geste.

« Personne n’a le droit de faire preuve d’autant de violence, notamment en plein milieu d’un événement religieux se déroulant au sein de l’église, a-t-il commenté. Le gouvernement ne tolèrera pas ce qui vient de se passer; les manifestations sont les bienvenues, nous vivons dans un pays libre et démocratique, mais elles doivent se faire de manière pacifique et respectueuse, sans entraver la loi. »

Souhaitant en savoir plus, j’ai contacté PETA, l’association américaine de défense des droits des animaux. Teresa Chagrin, spécialiste en soin des animaux pour la célèbre organisation, a été elle aussi claire sur le sujet.

« Je comprends et approuve parfaitement la colère de ces gens, a-t-elle confié. Mais je ne vois pas comment de tels actes vont aider ces chiens. L’argent que l’église va devoir dépenser pour réparer les dommages aurait pu servir à stériliser les chiens ou à leur fournir des soins vétérinaire par exemple. »

Suite à l’émeute, Piñera  s’est empressé d’annoncer l’introduction d’un projet de loi tournant autour de trois idées principales afin d’éviter tout problème lié aux petites bêtes à 4 pattes dans le future. Il établit tout d’abord un certain nombre de règles destinées à responsabiliser les propriétaires de chiens, afin que ces derniers ne blessent où n’importune personne. Il interdit également la possession de chiens jugés dangereux parce qu’ayant déjà mordu ou parce qu’appartenant à une race jugée telle. Enfin, il souligne la nécessité de prendre en charge ce problème récurrent des chiens errants.

Teresa Chagrin a félicité l’initiative du président de vouloir sortir les chiens errants de la rue et m’a affirmé, à ma grande surprise, que l’euthanasie était une option envisageable dans le cas ou elle ne causait pas de douleur à l’animal.

« La façon donc les chiens de Punta Arenas ont été tués est inhumaine, s’est-elle révolté. Les pauvres bêtes étaient capables de tout sentir. L’empoisonnement comme il a été pratiqué ici est extrêmement douloureux et terrifiant pour l’animal. Il peut se passer entre quelques minutes et une heure avant que le chien ne meurt. »

La spécialiste a également rappelé que si les chiens et chats errants étaient un problème pour les hommes, les premières victimes restaient les animaux. « Les chiens errants sont maltraités par les passants, renversés par les voitures, attaqués par d’autres chiens, et souffrent de maladies de peau qui évoluent bien souvent en grave infections, a-t-elle expliqué. Mieux vaut alors mettre fin à leurs souffrances plutôt que les enfermer dans une cage. »

Un article sur les toutous du Chili, je dois l’avouer, beaucoup moins réjouissant que le précédent…

 

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